Tout commence par ce qui ressemble à une simple vidéo embarquée, comme on en trouve des milliers sur les réseaux sociaux. Caméra fixée sur le casque, respiration haletante, moteur hurlant : le pilote se met en scène sans retenue. Très vite, le compteur s’affole. Plus de 210 km/h sur route ouverte, en pleine circulation, tandis que les gyrophares tentent de s’inviter dans le champ de vision.
Dans le nord de l’Angleterre, Dean Bruce refuse un contrôle de police et choisit la fuite. Une décision instantanée, presque instinctive, qui déclenche une cavale d’environ 50 kilomètres. Routes secondaires, voies rapides, dépassements à l’aveugle : le motard empile les prises de risque comme les images spectaculaires, persuadé d’écrire un récit de bravoure mécanique.
Police au sol, hélicoptère dans les airs
Face à une vitesse aussi démente, les forces de l’ordre prennent une décision rare mais nécessaire : abandonner la poursuite au sol. Trop dangereux pour les autres usagers. La chasse continue alors depuis les airs, un hélicoptère suivant à distance cette silhouette lancée à pleine vitesse.
La scène devient presque irréelle. Le motard, convaincu d’avoir semé ses poursuivants, continue d’accélérer, parfois même de commenter sa fuite. La caméra enregistre tout : les vibrations, les accélérations brutales, l’inconscience totale. Chaque seconde renforce un dossier qui, sans qu’il le sache encore, est déjà bouclé.
Une vidéo devenue pièce maîtresse
Car cette démonstration de puissance se retourne rapidement contre son auteur. Les images ne glorifient plus la performance, elles détaillent les infractions. Excès de vitesse répétés, manœuvres dangereuses, mise en danger d’autrui : tout est là, net, précis, impossible à contester.
Lorsque la police remonte jusqu’à son domicile, la chute est brutale. Dean Bruce roulait sans permis valide, sans assurance, avec des plaques d’immatriculation clonées. La caméra est saisie. Ce qui devait être un souvenir personnel devient une pièce à conviction d’une rare clarté.
Du buzz à la prison ferme
Au tribunal, la défense est inexistante. Comment nier l’évidence quand l’accusé s’est lui-même filmé sous tous les angles ? Le prévenu plaide coupable. Le verdict tombe : 15 mois de prison ferme. Une peine lourde, à la mesure des risques imposés aux autres usagers de la route.
L’affaire prend alors une tournure presque ironique. La police décide de diffuser la vidéo, accompagnée de commentaires volontairement piquants. Une manière de rappeler, avec un humour froid, qu’à 210 km/h, la réalité finit toujours par rattraper la fiction. Et que la caméra, parfois, est le plus sévère des témoins.
Pour résumer
Dans le nord de l’Angleterre, un motard britannique s’est filmé à plus de 210 km/h lors d’une fuite spectaculaire face à la police. Convaincu d’avoir semé les forces de l’ordre, il a en réalité enregistré sa propre condamnation. Sans permis, sans assurance et avec des plaques clonées, il a été condamné à 15 mois de prison ferme, trahi par sa propre vidéo.
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