MotoGP : ce pilote Yamaha déjà en grande difficulté à Sepang

Il y a des débuts qui claquent comme une promesse. Et d’autres qui rappellent, sans ménagement, que la MotoGP ne fait aucun cadeau. À Sepang, chez Yamaha, Toprak Razgatlioglu a vécu sa première vraie confrontation avec cette réalité-là, loin des attentes et des projections qui entouraient son arrivée.

Après un début de semaine perturbé par la panne moteur ayant immobilisé Yamaha, le Turc a retrouvé la piste avec une pression intacte… et des chronos qui ne décollaient pas. Son meilleur tour en 1’58”326 l’a relégué au 18e rang, à près de deux secondes de la référence signée Álex Márquez, et surtout très loin de ce qu’il espérait produire à ce stade.

Razgatlioglu ne s’en cache pas : la frustration a rapidement pris le dessus. « J’ai appris quelque chose, mais pas beaucoup, car j’essaie toujours de changer mon style de pilotage. Et surtout, ce matin, on n’a pas vraiment bien commencé et j’étais aussi un peu en colère parce que les chronos n’arrivaient pas. Cet après-midi, par contre, en pneus neufs, on a trouvé un bon set-up et je pense que c’était un peu mieux. »

En quête de repères, le triple champion du monde WorldSBK a tenté d’observer, d’imiter, de comprendre la Yamaha. « Avec les pneus neufs, j’ai suivi Jack [Miller], juste pour comprendre les virages, car il est très fort dans les longs virages. Au freinage, ça va, je suis fort, je freine fort et j’arrête la moto, c’est parfait. Mais je ne comprends toujours pas les longs virages. »

Le constat est limpide : le freinage reste une arme, mais tout le reste demande une reconstruction complète.

« En fait, je m’attendais à faire 1’57 – peut-être 1’57”7 ou 1’57”6 – mais je ne l’ai pas fait. Aujourd’hui, quand j’ai commencé, c’était tellement difficile. Et puis, ma motivation baissait parce que j’avais beau rouler comme avant, je n’arrivais pas à améliorer mes chronos. »

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Pneus Michelin, style à réinventer et patience imposée chez Yamaha

Là où la transition se complique le plus, c’est sous les pneus. Passer des Pirelli aux Michelin bouleverse complètement les automatismes du pilote Yamaha. « Ces pneus sont un peu différents des Pirelli. Avec les Pirelli, quand on sent le patinage, c’est facile à gérer. Mais les Michelin, quand ils patinent, la moto ne s’arrête plus. C’est un peu difficile à comprendre. »

Un changement d’ADN qui impacte directement son style agressif hérité du Superbike. 

« En Superbike, j’utilise tout le temps le pneu arrière pour tourner. Or, en MotoGP, c’est le contraire, il faut rouler comme en Moto2 et ouvrir les gaz très doucement, car ces pneus sont très sensibles, surtout les pneus arrière. Actuellement, c’est comme si je roulais sur une moto de tourisme.

Je perds un peu en vitesse de pointe et peut-être aussi un peu dans les virages, car ce guidon est haut et j’ai du mal à me pencher et à m’abaisser. Pour moi, ça n’est pas facile quand je regarde l’écran et que je vois mon nom là, surtout après le Superbike, mais j’essaie d’apprendre rapidement. Je pense que ça va être très difficile pour moi pendant cinq courses, car je dois comprendre les pneus. »

La MotoGP ne se conquiert pas au palmarès, mais au prix de la remise en question. À Sepang, Razgatlioglu n’a pas encore trouvé la clé… mais il a compris que la porte ne s’ouvrira pas en force.

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Pour résumer

À Sepang, Toprak Razgatlioglu a mesuré la brutalité de la transition vers la MotoGP. En difficulté avec les pneus Michelin et le style Yamaha, le Turc avance mais sans raccourci. Le talent est là, la patience devra suivre.

Rédacteur

Dylan Ragot

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