L’îlot Lyrot-Gambetta, dont les travaux doivent débuter mi-2026, est cité comme un des exemples de volontarisme municipal en matière de reconquête urbaine. Ph. B.
Les candidats partagent un regard sur la commune. Celui d’un territoire contraint entre vignes, notamment en appellations Saint-Émilion ou Pomerol, zones humides et foncier déjà bâti. « Vous évoquez un problème de foncier ? Du foncier, il n’y en a pas, indiquait Philippe Buisson, réagissant aux propos de Christophe Gigot. Il n’y a pas, à quelques hectares près, de possibilité de construction. » L’enjeu se déplace donc sur le bâti existant. Si les uns et les autres parlent de soutien aux investisseurs, ils diffèrent dans leurs approches.
Réinvestir le bâti existant
« Il faut restructurer l’offre de logement, ouvre Christophe Gigot. Des logements sociaux mais, au-delà, du logement intermédiaire. Pour attirer des familles à Libourne ou des professions comme des cadres », exprime celui qui aimerait voir le Plan local d’urbanisme modifié pour étendre le permis de diviser, et éviter ainsi l’atomisation des surfaces. Le candidat divers droite évoque la baisse du pouvoir d’achat moyen sur Libourne comme frein à l’acquisition à l’investissement. Là où Franck Daniel de Roland, soutenu par l’UDR et le RN, place surtout la pression fiscale ou le phénomène des squats, « un fléau au même titre que les loyers impayés »,
Le socialiste Philippe Buisson n’est pas aussi pessimiste. « L’enjeu de pour la construction à Libourne, c’est la réhabilitation. Nous travaillons depuis déjà une dizaine d’années, via une concession avec InCité, à ramener de la population en ville. En réhabilitant des bâtiments anciens souvent dégradés, parfois utilisés par des marchands de sommeil. » Faire venir les investisseurs ? « C’est tout l’enjeu du marketing territorial réalisé avec les différents projets urbains ».
Quelle image pour Libourne ?
Il considère un foncier valorisé « de plus de 35 % », une attractivité renouvelée, un marché boosté par l’arrivée d’un régiment de la Sécurité civile, la reconquête du bâti et la création de logements, citant en exemple l’îlot Lyrot-Gambetta. « Le RER métropolitain, en outre, fait que Libourne, ville centre mais aussi ville péri-métropolitaine, devient une option. Un cadre parisien venant travailler dans la métropole, il y a dix ans, avait le choix entre habiter la métropole ou regarder du côté du Bassin. Aujourd’hui, il regarde du côté de Libourne. » Pour dynamiser une ville, estime pour sa part Franck Daniel de Roland, « il faut déjà avoir une bonne presse ». « Ce qui gangrène une ville, c’est l’insécurité, c’est le deal. » Réplique agacée de Philippe Buisson « Quand on veut promouvoir un territoire, il ne faut pas le caricaturer. Et quand on veut le servir, il ne faut pas le dénaturer. »
« Un cadre parisien venant travailler dans la métropole, il y a dix ans, avait le choix entre habiter la métropole ou regarder du côté du Bassin. Aujourd’hui, il regarde du côté de Libourne »
Quels leviers pour relancer la machine ? Là où Christophe Gigot promeut le dispositif Denormandie, qui permet de bénéficier d’une réduction d’impôt en cas d’investissement locatif dans un quartier ancien dégradé, Philippe Buisson veut parier sur le Jeanbrun, qui permet, lorsqu’un ménage achète un appartement pour le mettre en location, de déduire l’intégralité des charges et une partie de l’achat du bien de ses revenus locatifs.
Pour une association représentative ?
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