La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé mercredi 4 février la Californie à utiliser sa nouvelle carte électorale, adoptée avec le but avoué de favoriser les démocrates lors des élections de mi-mandat 2026.
Non motivée par les juges, cette décision rendue en urgence a pour effet de valider un redécoupage électoral pensé pour apporter cinq sièges supplémentaires à la gauche américaine à la Chambre des représentants lors du scrutin de novembre.
Voulue par le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, cette nouvelle carte a été adoptée par référendum en novembre dernier. Elle a été conçue comme une contre-attaque à un autre redécoupage électoral similaire lancé par les républicains au Texas, pour permettre à Donald Trump de conserver son étroite majorité conservatrice au Congrès.
« Gerrymandering »
« Donald Trump a déclaré qu’il avait “droit” à cinq sièges supplémentaires au Congrès au Texas. C’est lui qui a déclenché cette guerre sur le redécoupage électoral », a rappelé sur X M. Newsom, à qui la presse américaine prête des ambitions présidentielles. Malgré la contestation de la carte californienne en justice, « il a perdu, et il perdra à nouveau en novembre », a-t-il ajouté.
Contacté par l’Agence France-Presse, le Parti républicain de Californie n’a pas immédiatement réagi.
Le redécoupage électoral intervient habituellement tous les dix ans aux Etats-Unis, après le recensement. Mais depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les deux partis se sont lancés dans un charcutage électoral qui vire à la guerre administrative. Outre le Texas et la Californie, plusieurs Etats républicains et démocrates sont en train de redessiner leurs circonscriptions électorales.
Cette pratique, connue sous le nom de « gerrymandering », est légale aux Etats-Unis. Mais elle ne doit pas se faire sur des bases raciales.
Au Texas comme en Californie, les nouvelles cartes ont été accusées de surpondérer le vote des minorités ethniques dans certaines circonscriptions, théoriquement plus favorables à la gauche, ou de le diluer en les rattachant à des endroits plus conservateurs. La carte du Texas a été validée en décembre par la Cour suprême, qui a rejeté ces arguments. A la suite de cette décision, l’approbation de celle de la Californie était largement attendue.
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