JO Milan-Cortina 2026 : l’Italie réaffirme que l’ICE n’aura « aucun rôle opérationnel », selon le ministre de l’intérieur

Des personnes participent à une manifestation contre l’agence américaine de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) avant les Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026, dans le nord de l’Italie, le 31 janvier 2026. Des personnes participent à une manifestation contre l’agence américaine de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) avant les Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026, dans le nord de l’Italie, le 31 janvier 2026.

Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Piantedosi, a assuré mercredi 4 février que les agents de la police américaine de l’immigration (ICE), dont l’arrivée en Italie pour les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina avait soulevé une polémique, n’auraient aucun rôle « opérationnel ».

« Je réaffirme une nouvelle fois le point central : l’ICE n’exerce pas et n’exercera jamais d’activités opérationnelles de police sur notre territoire national », a déclaré le ministre devant les députés, deux jours avant l’ouverture des JO.

Il a de nouveau précisé que les agents présents en Italie appartenaient au service de sécurité intérieur (HSI) chargé d’analyses sur l’antiterrorisme et la criminalité internationale, et non à l’unité chargée de la lutte contre l’immigration, dont les méthodes ont suscité de nombreuses protestations aux Etats-Unis.

L’ambassadeur américain à Rome, Tilman Fertitta, avait lui aussi assuré fin janvier que le service de sécurité intérieure (HSI) d’ICE aurait un rôle « consultatif » et apporterait son « expertise en fournissant des renseignements sur les menaces criminelles transnationales ».

M. Piantedosi a tenu à rappeler que la collaboration avec l’ICE remontait à plus d’une dizaine d’années, en vertu d’un accord de coopération policière signé entre les deux pays en 2009 et ratifié en 2014. Les agents de l’ICE qui seront déployés à Milan n’appartiennent pas à la même unité que les agents d’immigration qui mènent des opérations de répression dans le Minnesota et dans d’autres villes américaines.

Le ministre de l’intérieur italien a assuré que la police italienne avait obtenu de nombreux succès à la suite d’informations fournies par les agents de l’ICE présents dans les représentations diplomatiques américaines en Italie. Il a jugé normale la collaboration entre forces de l’ordre des différents pays lors de ce genre d’événement, citant des agents italiens envoyés à Paris lors des JO 2024.

6 000 membres des forces de l’ordre

L’Italie a présenté jeudi un plan de sécurité détaillé pour les ‌Jeux olympiques d’hiver, soulignant qu’elle ​conserverait le commandement de toutes les opérations. La délégation américaine sera conduite par le vice-président américain, ‍J. D. Vance, et le secrétaire d’Etat, Marco Rubio.

M. Piantedosi a également fourni un cadre général des mesures de sécurité déployées par les autorités italiennes. Ainsi, 6 000 membres des forces de l’ordre, comprenant entre autres des tireurs d’élite, des unités cynophiles, des unités antisabotage, antiterrorisme, seront chargés de la sécurité lors des JO, dont les premières épreuves débutent mercredi et qui dureront jusqu’au 22 février.

Le gouvernement a financé le volet sécurité des JO avec 30 millions d’euros en 2025 et 114 millions d’euros en 2026, a précisé le ministre. Le ministère de la défense a, pour sa part, fait savoir que près de 2 000 militaires seraient également présents pour assurer la sécurité des JO, avec 170 véhicules, des radars, des avions et des drones.

Pas les bienvenus, selon la maire

Plusieurs manifestations sont prévues lors du week-end d’ouverture des JO, essentiellement en raison de l’impact environnemental et des enjeux politiques de l’événement, prévu du 6 au 22 février. Des militants propalestiniens prévoient une manifestation à l’arrivée de la flamme olympique à Milan, jeudi, pour protester contre la participation d’Israël aux JO alors que la guerre continue à Gaza.

D’autres manifestations sont prévues vendredi, lors de la cérémonie d’ouverture au stade San Siro de Milan, ainsi que samedi dans la ville. Une organisation militante milanaise qui s’est baptisée « Comité olympique non durable » dénonce l’impact des infrastructures (nouveaux bâtiments, transports, etc.) sur les environnements montagneux fragiles, ainsi que l’utilisation généralisée et énergivore de neige artificielle.

L’annonce de la venue d’agents de l’ICE après ​la mort par balle de deux citoyens américains tués par ‌des agents fédéraux dans ​le Minnesota, en janvier, a provoqué un tollé en Italie. Samedi, des ⁠centaines d’Italiens avaient déjà manifesté à Milan pour protester contre le déploiement d’agents de la police de l’immigration américaine aux Jeux olympiques d’hiver. Le maire de Milan, Giuseppe Sala, avait déclaré qu’ils n’étaient pas les bienvenus.

Le Monde avec AFP

Cet article a été publié en premier sur https://www.lemonde.fr/international/article/2026/02/04/jo-milan-cortina-2026-l-italie-reaffirme-qu-ice-n-aura-aucun-role-operationnel-selon-le-ministre-de-l-interieur_6665353_3210.html