L’or et l’argent chutent sur fond d’incertitudes liées à la Réserve fédérale américaine

L’or et l’argent ont continué leur glissade, lundi 2 février, sur un rythme certes moins effréné que vendredi. L’or se négociait à 4 693 dollars (3 973 euros) l’once dans la soirée, soit une dégringolade de plus de 900 dollars depuis le plus haut atteint le 29 janvier, à 5 590 dollars l’once. L’argent se vendait pour sa part à 79 dollars l’once, contre 121 dollars le 29 janvier. Les deux métaux précieux avaient connu leur pire journée vendredi 30 janvier, avec la plus grosse perte sur une session depuis les années 1980 (– 11 % pour l’or, – 33 % pour l’argent).

Cette violente chute intervient après plusieurs semaines de hausse, notamment liée à la situation géopolitique. Les prétentions de Donald Trump sur le Groenland, au détriment de ses alliés européens, ont notamment provoqué une grosse tension sur les marchés obligataires : les investisseurs ont réduit leur exposition au dollar et ont cherché refuge dans les métaux précieux, poussant les valeurs à la hausse, surtout celle de l’or, qui a atteint son plus haut historique. Les marchés se préparaient à une correction un jour ou l’autre, mais elle a été plus violente que prévu.

L’euphorie sur le marché des métaux précieux a pris fin avec la désignation de Kevin Warsh pour être le futur président de la Réserve fédérale. L’économiste, qui a déjà été membre du Conseil des gouverneurs de la banque centrale entre 2006 et 2011, a été choisi par Donald Trump après des mois d’hésitation. Même s’il doit encore passer l’étape de la validation par le Sénat, sa nomination est perçue comme un signal que la future baisse des taux n’est pas acquise.

Par rapport à d’autres candidats, comme Kevin Hasset, proche conseiller économique de Donald Trump, Kevin Warsh est considéré comme moins enclin à obéir aux consignes présidentielles. Sa préoccupation concernant l’inflation trop élevée (2,7 % en décembre sur douze mois) pourrait le pousser à être davantage à l’écoute des « faucons » de l’institution, favorable à une politique monétaire plus restrictive. Rassurés par ce profil plus indépendant que prévu, les marchés ont donc réagi en vendant leur or. Le dollar est également remonté un peu après avoir beaucoup chuté, ce qui fait mécaniquement descendre le prix de l’or, libellé en billets verts.

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