
Les budgets pour 2026 prévoient 402 milliards d’euros de recettes, 526 milliards de dépenses et 124 milliards de déficit pour l’Etat. Et 660 milliards de recettes, 677 milliards de dépenses et 17 milliards de déficit pour la Sécurité sociale. Cela fera donc 141 milliards d’euros de dette en plus, sans qu’aucune disposition ait été ni ébauchée ni même discutée pour un retour à l’équilibre en 2027 ou les années suivantes.
Est-ce raisonnable ? Combien de temps cela peut-il durer ainsi ? Veut-on un budget sain dès demain, sans déficit excessif ? Ecoutons le financier américain Warren Buffett : « On peut résorber le déficit en cinq minutes. Il suffit de voter une loi stipulant que dès que le déficit dépasse 3 % du PIB tous les membres du Congrès en exercice ne sont pas rééligibles. Alors les incitations seront au bon endroit. C’est faisable. »
On le dit souvent et on l’oublie aussi vite : le budget d’un Etat est en équilibre une fois tous les quarante ou cinquante ans peut-être. En France, mais aussi aux Etats-Unis, en Italie, au Royaume-Uni, etc. C’est étonnant, à la réflexion. Il y avait à peine 1,2 % d’entreprises défaillantes en France en 2025 (68 000 sur 5,9 millions). Et, en 2023, 1,9 % de ménages surendettés (586 000 sur 30 millions). Presque tout le monde sait équilibrer un budget. Ce n’est pas une question de QI, d’instruction, de métier, d’âge, de sexe, de couleur de peau. Alors pourquoi les budgets des Etats sont-ils toujours déficitaires ?
Nécessité et vertu
Première raison : parce que les Etats le peuvent. Parce que les Etats peuvent faire ce que ni les particuliers ni les sociétés ne peuvent faire. Un particulier dépense plus qu’il ne gagne et il emprunte pour joindre les deux bouts : il rembourse et, s’il ne rembourse pas, il est saisi, perd ses biens, etc. Une société emprunte pour financer son activité : elle rembourse, et, si elle ne rembourse pas, elle va au tribunal de commerce, ses actionnaires perdent tout ou partie du capital de leur société, etc. Les particuliers et les sociétés remboursent leurs dettes par nécessité et non par vertu. Et cette nécessité ne fait pas loi pour les Etats.
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