Création d’un CDI jeunes : la proposition du Medef n’est « pas à l’ordre du jour », selon Matignon

Un étudiant de l’Ecole d’application aux métiers des travaux publics d’Egletons, en Corrèze, en octobre 2017. Un étudiant de l’Ecole d’application aux métiers des travaux publics d’Egletons, en Corrèze, en octobre 2017.

La proposition du Mouvement des entreprises de France (Medef) de créer un contrat à durée indéterminée (CDI) pouvant être rompu plus facilement pour lutter contre le chômage des jeunes « n’est pas à l’ordre du jour » des travaux du gouvernement, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès de Matignon, lundi 2 février.

« La priorité du premier ministre est que les négociations des partenaires sociaux en cours sur les ruptures conventionnelles se terminent », a ajouté la même source. « L’urgence est de faire atterrir les négociations. » Syndicats et patronat ont entamé en janvier une négociation, à la demande du gouvernement, pour chercher 400 millions d’économies sur l’indemnisation des salariés ayant conclu une rupture conventionnelle. Elle doit se conclure fin février.

Selon des documents remis mercredi aux organisations syndicales, à l’occasion d’une autre réunion entre patronat et syndicats, le Medef a proposé la création d’un CDI « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années », avec « une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture ». Cette idée a suscité samedi le courroux de la CGT et du syndicat étudiant UNEF, qui a brandi la menace d’une « mobilisation massive » contre cette demande patronale.

« Déclaration de guerre »

Ce dispositif comporte des similitudes avec le contrat de première embauche (CPE), créé en 2006 par Dominique de Villepin alors premier ministre, qui avait généré une mobilisation historique et amené le gouvernement à le supprimer avant son application.

« Alors que nous fêtons cette année les vingt ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert » et « réussit à faire pire que le CPE, qui avait deux ans de période d’essai », a réagi samedi la CGT dans un communiqué. « C’est une déclaration de guerre contre les jeunes et les salariés », a renchéri lundi sur France 2 la patronne de la CGT, Sophie Binet, en accusant le patronat de n’avoir « d’autre horizon à proposer aux jeunes que la précarité à vie ».

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a, lui, vu dans la proposition un « nivellement vers le bas » et proposé plutôt de « revaloriser de manière significative l’apprentissage et les savoirs manuels ».

Joint par l’AFP vendredi, le Medef avait expliqué qu’il ne s’agissait pour l’heure que de « nourrir le débat » pour s’attaquer à la problématique des jeunes qui ne travaillent pas, n’étudient pas ou ne suivent pas de formation.

Le Monde avec AFP

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