
Après un an de blocage au Sénat, alors que la mesure avait été votée à l’Assemblée nationale, le gouvernement a annoncé, dans le cadre du projet de loi de finances 2026, la généralisation du repas à 1 euro pour l’ensemble des étudiants.
Cette décision était attendue et largement soutenue : 87 % des étudiants s’y déclarent favorables, selon le baromètre de l’opinion des étudiants (Cop1-IFOP, 2026). Pour autant, elle ne saurait masquer une contradiction majeure : lutter contre la précarité étudiante ne peut se faire en améliorant l’accès à l’alimentation tout en fragilisant, dans le même temps, d’autres droits essentiels.
La précarité est aujourd’hui la première préoccupation des étudiants. L’évolution de la situation financière arrive en tête des inquiétudes pour 47 % d’entre eux – un chiffre qui monte à 63 % parmi les étudiants accompagnés par l’association Cop1. Cette priorité révèle un déséquilibre : là où les préoccupations académiques et professionnelles devraient primer, ce sont les inquiétudes financières qui dominent.
Des sacrifices permanents
La précarité est au fondement du quotidien de milliers de jeunes pour qui se nourrir, se loger, se soigner ou poursuivre leurs études implique des sacrifices permanents. Les étudiants jonglent entre emplois précaires, aides fragmentées et files d’attente pour accéder à des repas ou à un accompagnement social.
Dans ce contexte, l’accès universel à un repas à 1 euro constitue bien sûr un premier filet de sécurité alimentaire nécessaire pour les étudiants. Aujourd’hui, l’accès au repas à 1 euro repose en effet sur un dispositif restrictif, fondé sur deux catégories : les étudiants boursiers et les étudiants non boursiers contraints de déposer une demande spécifique, soumise à une évaluation sociale.
Cette approche est largement inadaptée à la réalité de la précarité étudiante. D’une part, parce qu’elle repose largement sur le statut de boursier, alors même que le système de bourses est désuet : des montants qui ne couvrent pas le coût réel de la vie étudiante ; des critères d’attribution fondés sur les revenus parentaux, déconnectés de la situation réelle de nombreux étudiants ; et des effets de seuil qui excluent des milliers de jeunes, parfois à quelques euros près, alors même qu’ils rencontrent des difficultés matérielles avérées.
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