F1 : Pirelli prépare un test pluie inédit à Bahreïn avec seulement deux écuries

Sous le soleil brûlant de Bahreïn, la pluie sera bientôt provoquée. Dans un paddock obsédé par l’aérodynamique et l’énergie hybride, c’est le sujet le plus imprévisible qui revient au centre des discussions : l’eau. 

Fin février, Pirelli organisera son tout premier test pluie sur le tracé de Sakhir, avec Mercedes et McLaren en soutien. Deux monoplaces « mules » au format 2026 seront mobilisées pour cette séance aussi rare que stratégique.

Habituellement, les essais pluie se déroulent sur des circuits européens équipés d’arroseurs, comme Paul Ricard ou Fiorano. Mais Bahreïn offre une donnée supplémentaire : un asphalte abrasif, exigeant, brutal avec les pneumatiques. Un laboratoire grandeur nature.

Mario Isola, directeur de Pirelli Motorsport, a détaillé l’enjeu : « Nous essayons d’organiser un [test] humide ici à Bahreïn. Je suis très confiant parce que la piste a une idée sur la façon de mouiller le circuit complet, non pas avec les réservoirs, mais avec un autre système [d’arrosage]. Et s’ils le font correctement, nous avons la possibilité de tester sur un circuit à haute gravité dans des conditions humides.

C’est quelque chose qui n’arrive pas très souvent. Nous avons donc cette opportunité, nous voulons l’utiliser de la meilleure façon possible. Je dois dire que les habitants de Bahreïn sont toujours très coopératifs lorsque nous demandons des demandes étranges. Je les ai appelés et leur ai dit : « Et si nous planifions un test humide à Bahreïn ? » « Oui, bien sûr que vous le pouvez. Réfléchissons-y. »

[Ce n’est pas facile, parce que] nous avons besoin de cohérence dans le niveau de l’eau, parce que clairement le risque est que l’incohérence du niveau d’eau est plus importante que la différence dans les prototypes. »

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La réglementation 2026 bouleverse les monoplaces : aérodynamique modifiée, puissance hybride accrue, dimensions revues. Résultat : Pirelli manque encore de données réelles sur le comportement des pneus sous la pluie avec ces nouvelles charges et nouveaux flux d’air.

La question est centrale : faut-il conserver la distinction classique entre pneu intermédiaire et pneu pluie extrême ? Ou basculer vers un composé unique, un « super intermédiaire » capable de couvrir une large fenêtre d’utilisation ?

Le test de Bahreïn doit apporter des réponses. Il permettra aussi d’évaluer un autre paramètre essentiel : la pulvérisation. La génération actuelle produit un rideau d’eau dense, limitant la visibilité et compliquant les départs sous forte pluie. Si les nouvelles monoplaces réduisent cet effet, la philosophie des pneus pourrait évoluer.

Mercedes et McLaren joueront donc un rôle discret mais déterminant. Derrière les chronos invisibles se cache une bataille d’ingénierie. À Bahreïn, la pluie sera artificielle. Les enjeux, eux, seront bien réels.

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Pour résumer

Pirelli organisera fin février un test pluie inédit à Bahreïn avec Mercedes et McLaren et des voitures mules 2026. Objectif : mieux comprendre le comportement des pneus sous la future réglementation et décider s’il faut conserver deux gommes pluie ou créer un « super intermédiaire » unique.

Rédacteur

Dylan Ragot

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