WRC : face aux critiques, l’Arabie saoudite contre-attaque sur la “loterie des pneus”

Dans le désert saoudien, les pierres n’ont pas seulement crevé des pneus. Elles ont déclenché un débat. Pour sa grande première au calendrier du WRC à l’automne 2025, la manche disputée au nord de Djeddah a offert un décor spectaculaire… et un terrain redoutable. 

Sol abrasif, cailloux tranchants, spéciales cassantes : plusieurs pilotes ont évoqué une “loterie des pneus”, estimant que les Rally1 étaient mises à rude épreuve, parfois au-delà du raisonnable.

Certains ont même comparé ces pistes aux terrains du Dakar, davantage taillés pour les prototypes tout-terrain que pour des voitures de rallye mondial. Le manufacturier Hankook a depuis annoncé des évolutions pour cette saison. Mais du côté de l’Arabie saoudite, on refuse de parler d’erreur de casting.

Le prince Khalid bin Sultan Al-Abdullah Al-Faisal, président de la Fédération saoudienne du sport automobile, a tenu à répondre publiquement :

« Tout d’abord, nous respectons bien sûr l’opinion de tous les coureurs. C’est peut-être nouveau pour certains pilotes du WRC ici, mais quand on pense aux anciens WRC Safari, c’est en fait assez similaire. Je comprends donc pas pourquoi ils s’inquiètent et disent que c’est difficile pour les voitures du WRC. »

Le message est posé : oui, le défi est rude. Mais il fait partie de l’ADN du rallye.

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Un défi assumé, et peut-être amené à évoluer en WRC

L’organisateur saoudien revendique même cette singularité.

« Mais en même temps, c’est un nouveau défi. Pour eux, cela signifie rouler sur un terrain complètement différent. Par exemple, si vous dites aux conducteurs saoudiens de rouler sur la glace ou la neige, ils diront aussi : c’est inhabituel.Mais je pense que c’est exactement ce qui est bon pour le spectre du sport automobile. Les différentes conditions font de vous un meilleur conducteur, car vous apprenez à vous adapter à différents environnements.

Dans les deux premières années, l’événement aura lieu à Djeddah, mais après cela, nous devons voir quelles autres régions sont envisageables – peut-être aussi l’asphalte. Mais cette année, les conditions seront encore similaires. Nous ferons de notre mieux, mais la plupart des itinéraires ne sont pas sur du sable mou. Les endroits en Arabie saoudite qui conviennent au WRC sont proches des montagnes – il y a beaucoup de pierres là-bas.

Je pense que c’est quelque chose que les conducteurs doivent comprendre et apprendre : comment s’adapter et rouler sur un tel sol. Ce n’est certainement pas facile, mais avec le temps, je pense qu’ils l’apprécieront. Nous prenons leurs préoccupations très au sérieux et nous essaierons de trouver des alternatives, peut-être avec un peu moins de pierres. Ou nous irons dans d’autres endroits, car nous avons beaucoup de régions dans le pays où nous pourrions organiser un WRC. »

Le ton est ferme mais diplomate. L’Arabie saoudite ne renie pas son terrain. Elle le revendique, tout en promettant d’écouter. Le WRC moderne cherche de nouveaux horizons. 

Mais chaque nouvelle frontière impose un apprentissage. Dans le désert, la trajectoire est parfois incertaine. Reste à savoir si, à force d’adaptation, cette “loterie” deviendra un classique.

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Pour résumer

Après les critiques sur la “loterie des pneus” lors du WRC en Arabie saoudite, l’organisateur défend un défi comparable aux anciens Safari Rally. Le prince Al-Faisal promet d’écouter les pilotes et d’éventuels ajustements, sans renier l’identité minérale du rallye.

Rédacteur

Dylan Ragot

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