Autour de la tombe de Navalny, deux ans après sa mort en prison : « Nous ne sommes pas seuls »

Lioudmila Navalnaïa, la mère d’Alexeï Navalny, devant la tombe de son fils, au cimetière Borissovo, à Moscou, le 16 février 2026. Lioudmila Navalnaïa, la mère d’Alexeï Navalny, devant la tombe de son fils, au cimetière Borissovo, à Moscou, le 16 février 2026.

Dans la Russie de Vladimir Poutine, il n’est pas interdit de déposer des fleurs sur la tombe de son plus célèbre opposant. « L’un des rares moyens encore possible de nous rassembler publiquement entre nous. Contre le Kremlin. Pour Navalny… », témoigne Nastia, 25 ans, jointe par messagerie depuis Paris. Avec quelques centaines d’autres Moscovites, l’étudiante s’est rendue, lundi 16 février, pour le deuxième anniversaire de la mort en prison d’Alexeï Navalny, au cimetière où repose son corps. « Nous ne sommes pas seuls ! », insiste la jeune fille.

Elle a demandé à rester anonyme, comme les autres simples citoyens contactés par Le Monde après le temps du recueillement. Ils ont en effet dû braver un interdit : tout soutien public au mouvement de M. Navalny, dont les organisations sont officiellement accusées d’« extrémisme » et de « terrorisme », est passible de poursuites judiciaires. Les opposants ont déposé leurs fleurs en silence. La police, et quelques personnes, soutiens du Kremlin, veillaient à l’entrée du cimetière.

« C’était un homme incroyablement courageux, un vrai patriote, mort simplement parce qu’il aspirait à la liberté et à la paix dans son pays. Ici, nous partagerons les mêmes idées », explique Nastia. Ici, c’est au cimetière Borissovo, à une vingtaine de kilomètres au sud-est du Kremlin, le quartier-dortoir où habitait la famille de Navalny avant son empoisonnement en Sibérie en août 2020, ses longs mois de traitement en Allemagne puis son arrestation en janvier 2021 dès son retour à Moscou. Le 16 février 2024, à 47 ans, l’opposant est mort dans une prison du grand nord de la Russie où il avait été transféré depuis deux mois afin d’y purger sa peine de dix-neuf ans de prison pour « extrémisme ».

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