Mettons les pieds dans le plat ! Concernant les balles emportées par des cartouches pour arme lisse, il n’y en a, côté sécurité, pas une pour rattraper l’autre, ou presque! Plus clairement, la propension aux ricochets est inhérente au concept global de ce type de projectiles: ces derniers sont généralement lourds, lents, monolithiques et relativement «mous» ! Cela étant, et malgré le fait que certaines associations de chasse en plébiscitent l’usage, au détriment des armes à canon rayé, il est possible d’affirmer la vérité suivante: tirer une cartouche à balle dans son fusil de chasse augmente de façon colossale le risque de ricochets.
Cette balle de type Brenneke (monolithe de plomb) a traversé un sanglier de 80 kg à 60 mètres pour aller se ficher dans un talus de terre. Quasi aucune déformation, le ricochet guette.
Nul besoin de justifier ce fait par des données statistiques hasardeuses, une simple réflexion scientifique et une observation avertie suffisent (voir photo de Brenneke après impact). Lorsqu’une carabine tire une balle chemisée, celle‑ci se désintègre ou s’endommage fortement, perdant très rapidement toute son énergie résiduelle (ce qui est toutefois moins vrai pour les balles monolithiques en cuivre…). En revanche, les projectiles d’armes lisses se comportent de manière radicalement différente. En effet, la quasi-totalité de ces derniers, toutes marques confondues, sont conçus sur une base mécanique commune: un monolithe de plomb… La vitesse produite par ces munitions oscille entre 450 et 550 m/s, ce qui n’est très clairement pas suffisant pour détruire la balle lors d’un impact sur une surface dure. Elle va, avec une très grande probabilité, prendre une direction que l’on peut qualifier d’«aléatoire»… un ricochet, en somme!
Rassurez-vous, vos Brenneke, Sauvestre ou Gualandi ont toujours leur place dans la cartouchière, pour satisfaire à un tir de rencontre!
Après avoir analysé la question et tiré des centaines de munitions de ce type, il apparait que très peu de modèles dérogent à cette règle: parmi eux, nous retrouvons les Duplek, FIER, les balles «ensabotées», destinées à être tirées dans des canons rayés de calibre 12 ou 20 (elles fonctionnent malgré tout très bien en canons lisses), de type Hornady American Whitetail ou Winchester Copper Impact, et les projectiles russes Svarog, malheureusement aujourd’hui introuvables en munitions manufacturées et, par voie de conséquence, réservés aux rechargeurs… Vitesse ou tendance à l’expansion importante semblent être les deux arguments anti-ricochets prépondérants! Attention au cocktail canon lisse + chasse collective + projectiles basiques…
Le projectile Gualandi, lui aussi monolithique en plomb, ne se déforme presque pas… danger sur sols durs.