
« Oui, mais la sociologie parisienne… » Dans nos échanges sur les élections municipales à Paris, il arrive qu’un interlocuteur amorce cette phrase, sans toujours savoir comment la terminer. On entend dire par les uns que Paris serait intrinsèquement de gauche, par d’autres que la ville se serait embourgeoisée, qu’elle aurait rajeuni, ou à l’inverse vieilli, et qu’on pourrait lire dans tout cela comme dans le marc de café pour déceler le résultat du scrutin des 15 et 22 mars, qui s’annonce serré. Peut-on tirer des enseignements électoraux de la structure sociale de la capitale, de la répartition des catégories professionnelles, des classes d’âges et de l’évolution de la population ? Difficilement, d’autant que la réforme du mode de scrutin pour les villes de Paris, Lyon et Marseille adoptée à l’été 2025 brouille les lignes.
Entre deux élections municipales, tous les six ans, il y a un renouvellement d’environ 30 % de la population parisienne. Arrêté au 4 février, date limite pour s’inscrire sur les listes électorales, le corps des votants de 2026 n’est pas tout à fait le même que celui de 2020. Cette année-là, sur les 553 017 voix exprimées au premier tour, 44,6 % s’étaient portées sur des listes de gauche (socialistes, communistes, écologistes et « insoumis »), 25,1 % sur des listes macronistes (d’Agnès Buzyn et de Cédric Villani) et 22,7 % sur les listes Les Républicains (LR), emmenées par Rachida Dati.
Autre facteur de l’équation : la population de la capitale est en déclin et on compte aujourd’hui 83 748 habitants de moins qu’il y a six ans, selon les recensements de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le plus récent, paru en décembre 2025, indique même qu’il n’y a jamais eu aussi peu de Parisiens que depuis la fin du XIXe siècle, avec 2,103 millions de résidants – le point le plus bas relevé par l’Insee remontait à 1999 avec 2,125 millions.
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