
La cause de cette volonté ? Les nuisances générées par le bruit occasionné par le travail de l’entreprise qui, donc, reçoit du matériel apporté par des entreprises comme des particuliers, les éléments de ferraille étant ensuite triés puis revendus. Et il semble difficile de brasser du métal dans un silence relatif. « On est obligé de mettre de la musique chez soi pour couvrir le bruit », dit une dame. « Et encore, dans les maisons, c’est assez isolé mais quand on sort dans les jardins, c’est assez infernal », appuient d’autres membres. Le 7 juillet dernier, à la demande du collectif, un contrôle acoustique a été effectué par la Dréal, « ce jour-là, il y a eu une activité réduite avec moins de bruit », mais des dépassements sonores ont été tout de même constatés, jusqu’à 8,5 décibels, toujours d’après le collectif.
À cela s’ajoute, selon le collectif (1), un autre désagrément, celui du « ballet » des camions bennes ou des remorques de particuliers qui viennent décharger et alimenter l’entreprise, « parfois on voit des remorques ou des bennes remplies à ras bord et à ciel ouvert. C’est potentiellement dangereux si un élément tombe, ça arrive d’ailleurs d’en retrouver sur la route ». Bref, pour ces riverains, ce coin, « où on est venus s’installer parce que c’était tranquille », est devenu invivable, évoquant des conséquences sur la santé (troubles du sommeil, fatigue… ) et sur la valeur des maisons. « Et encore ils ont réduit leurs horaires. Ils travaillent de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures, au lieu de 18 heures et plus le samedi. Nous n’avons rien contre cette entreprise mais son activité a sa place dans une zone industrielle pas dans un centre-bourg ».
Des efforts
Déménager ? Pourquoi pas mais pas dans n’importe quelles conditions, pour Nicolas Bourgeat, le cogérant de la société qui emploie six personnes, plus deux intérimaires, « il faudrait nous trouver un terrain avec les mêmes conditions que nous avons ici. Nous avons investi 300 000 euros entre la fermeture du site et la construction de plateformes en béton », argue-t-il.
Si Tout faire matériaux est venu s’installer à Saint-Christoly, c’est pour répondre à une croissance rapide de son business. « Nous avons commencé en 2021, sans avoir de locaux fixes mais face à la demande, nous sommes venus ici. Et nous ne nous sommes pas installés à la sauvage. Nous avons sollicité toutes les autorisations de la mairie et de la Dréal, vis-à-vis de laquelle nous sommes en règle ». Et à Saint-Christoly, le succès de TMF est devenu également croissant et plus d’activité signifie plus de bruits. Mais Nicolas Bourgeat insiste sur le fait que l’entreprise a déjà fait des efforts en réduisant les horaires et les jours de présence, « les gars travaillent six heures par jour mais on les paie pour sept. Nous ne travaillons plus le samedi, tout cela nous fait perdre de l’argent », lance-t-il. « Et nous avons loué un nouveau terrain, vers le fond du site pour déplacer le travail de la grue pour le déchargement des bennes ».
« La proposition de l’érection d’un mur de 5 mètres de hauteur entre l’entreprise et les riverains ne satisfait personne »
Quant à la proposition de l’érection d’un mur de 5 mètres de hauteur entre l’entreprise et les riverains pour atténuer le bruit, elle ne satisfait personne. Ni les riverains, « ça reviendrait à défigurer le paysage et pas sûr que l’architecte des Bâtiments de France soit d’accord ». Ni l’entreprise, « il y en a pour au moins 50 000 euros, on ne peut pas », dit Nicolas Bourgeat qui rappelle que si le collectif d’habitants existe, sa société aussi compte ses soutiens.
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