F1 : les 6 leçons à retenir après les premiers essais de Bahreïn

Le chronomètre ment souvent en essais. Mais à Bahreïn, ce sont les attitudes, les relais et les discours qui ont parlé le plus fort.

Dans la chaleur de Sakhir, personne n’a voulu dévoiler son jeu. Pourtant, à force d’observer les détails, six enseignements majeurs émergent déjà… et certains pourraient peser très lourd dès l’ouverture du championnat

1. Des leaders impossibles à départager

Difficile de lire une hiérarchie nette. Lando Norris a lancé les hostilités en plaçant McLaren en tête le premier jour. Charles Leclerc a répondu pour Ferrari dès le lendemain. Puis Kimi Antonelli a offert à Mercedes la meilleure référence finale.

Trois équipes, trois leaders, trois lectures différentes. Ferrari, comme l’entourage de Verstappen, soupçonne Mercedes de cacher son potentiel moteur. Red Bull relativise, McLaren alerte. Même les longs relais divisent les analystes selon les charges d’essence et les températures de piste.

Résultat : à l’approche de Melbourne, personne ne sait vraiment qui mène la danse… et c’est peut-être volontaire.

2. Le moteur 2026 déjà au cœur d’un bras de fer

Impossible d’avoir des essais hivernaux sans bataille réglementaire. Cette fois, le sujet brûlant concerne la mesure du taux de compression des futurs blocs 2026. Le procédé conçu par Mercedes HPP agace plusieurs concurrents au moment d’homologuer les unités de puissance.

Faut-il mesurer à froid, comme le stipule le texte actuel, ou moteur chaud ? La réponse dépendra d’un vote stratégique impliquant constructeurs, FIA et FOM. Et dans l’équation, Red Bull Powertrains pourrait faire pencher la balance.

Les déclarations en disent long : George Russell évoque une « réalité inquiétante » au sujet du moteur RBPT. Toto Wolff, lui, parle déjà d’une référence. Compliment diplomatique ou manœuvre politique ? À Bahreïn, même les mots servent d’armes.

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3. Haas avance masqué… mais avance vite à Bahreïn

Loin du tumulte médiatique, Haas a signé l’un des tests les plus propres du plateau. 383 tours bouclés, une fiabilité constante et des relais réguliers dans le top 10 : la VF-26 a impressionné par sa rigueur plus que par ses coups d’éclat.

Sans bruit, l’écurie américaine pose les bases d’une saison solide. Et pourrait bien s’imposer comme le leader naturel du peloton intermédiaire.

4. Audi et Cadillac valident leur crédibilité

Pour Audi et Cadillac, l’enjeu à Bahreïn n’était pas la performance pure, mais la légitimité technique. De ce point de vue, Bahreïn est une réussite.

344 tours complétés pour Audi, 315 pour Cadillac, sans incident majeur. Les bases sont encore en construction, mais la fiabilité est déjà au rendez-vous. Dans leur phase de lancement, accumuler des données vaut presque autant qu’un podium.

5. Aston Martin sort de Bahreïn fragilisé

Le constat est plus rude pour Aston Martin. Avec seulement 203 tours couverts, l’équipe britannique repart avec un déficit estimé à près de 4,5 secondes selon Lance Stroll. Un écart massif… même en essais.

Difficile toutefois d’imaginer une structure portée par Adrian Newey, Fernando Alonso et Honda rester engluée au fond de grille. Lance Stroll annonçait un écart de 4 secondes avec les leaders, il pourrait se réduire. Même si le potentiel technique existe, à ce stade, le retard opérationnel est réel.

6. Des départs extrêmement aléatoires

C’est peut-être la révélation la plus sensible de ces essais de Bahreïn. La suppression du MGU-H modifie profondément la gestion des départs. Les pilotes doivent désormais contrôler manuellement la montée en régime du turbo tout en surveillant batterie et moteur.

Un mauvais paramétrage pourrait immobiliser une monoplace sur la grille. Le danger ? Une voiture arrêtée, invisible dans le peloton lancé. Andrea Stella a déjà appelé à une discussion rapide avec la FIA pour éviter qu’un incident majeur ne survienne dès les premières courses.

La saison n’a pas officiellement commencé. Mais la pression, elle, est déjà montée dans les tours. Et à ce rythme-là, 2026 pourrait bien s’embraser avant même le premier feu vert.

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Pour résumer

Les essais de Bahreïn ont dévoilé six tendances fortes : top teams indéchiffrables, bataille politique sur les moteurs, Haas solide, Audi et Cadillac crédibles, Aston Martin en retard et un vrai risque sécuritaire lié au turbo. De quoi lancer 2026 dans une tension déjà maximale.

Rédacteur

Dylan Ragot

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