Il accuse un maire de l’avoir insulté et suivi en voiture : ses messages Facebook le mènent devant le tribunal

À l’origine de cette affaire, un article publié sur Facebook par L’Éclaireur à propos des élections municipales à Blacourt. Dans l’espace commentaires, un habitant de Villers-Saint-Barthélemy laisse éclater sa colère. Il accuse le maire de Jean-Pierre Fouquier de l’avoir insulté et même suivi en voiture. Des propos lourds de sens, publics, et rapidement assimilés à de la diffamation.

L’homme, boucher-charcutier de profession, affirme avoir été traité de « gros porc » lors du Bray Vintage Festival. Plus grave encore, il assure que l’édile l’aurait pris en filature alors qu’il allait chercher son pain. Des accusations répétées, assorties d’insultes, alors même que les deux protagonistes reconnaissent ne pas se connaître avant ces faits.

À la barre, des accusations sans fondement

Le 12 février, l’affaire se retrouve devant le tribunal de Beauvais. Face aux juges, le prévenu peine à convaincre. Aucun témoignage, aucune preuve matérielle ne vient étayer ses déclarations. Pire : aucun contentieux antérieur ne semble expliquer une telle animosité.

Le maire de Blacourt, lui, nie fermement les faits. « Pourquoi je m’amuserais à suivre les gens dans la rue ? Et puis, je n’étais même pas au festival en question », affirme-t-il calmement à la barre. Un démenti clair, presque désabusé, face à ce qu’il considère comme une attaque gratuite.

Les élus sous pression, la justice en alerte

Présente lors de l’audience, l’Union des maires de l’Oise tire la sonnette d’alarme. Les attaques verbales contre les élus se multiplient, notamment sur les réseaux sociaux. L’association ne réclame qu’un euro symbolique, mais le message est limpide : les mots ont un poids, et parfois des conséquences judiciaires.

Le tribunal condamne le prévenu à 1 000 € d’amende, ainsi qu’à 1 500 € de dommages et intérêts. Une sanction qui se veut pédagogique. Le procureur de la République l’a rappelé avec gravité : « On devrait avoir de plus en plus de dossiers en ce genre dans cette période de campagnes électorales. » À l’ère du commentaire impulsif, la liberté d’expression trouve ses limites devant le droit.

Pour résumer

Un homme de 55 ans a été condamné à Beauvais pour diffamation après avoir accusé sur Facebook le maire de Blacourt de l’avoir insulté et suivi en voiture. Faute de preuves, la justice a tranché, rappelant les limites de la parole en ligne.

Jules Sessiwede

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