
Lorsque les échos d’une fusillade ont résonné dans le quartier de Kaloum, au centre de Conakry, mardi 10 février, certains ont d’abord cru à une nouvelle tentative de coup d’Etat en Guinée, quatre ans et demi après le putsch qui a porté le général Mamadi Doumbouya au pouvoir. Pourtant, ce n’est pas de la présidence que venaient les tirs, mais bien de la prison de la capitale, située à quelques centaines de mètres du palais Sékou Touré et des principaux ministères.
Des éléments des forces spéciales, l’unité d’élite de l’armée devenue la garde prétorienne du président Doumbouya, se frayaient un passage dans les travées de l’établissement carcéral. Leur mission ? Extraire puis transférer Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba », le détenu le plus célèbre de la prison centrale de Conakry, vers celle de Coyah, située à une quarantaine de kilomètres de la capitale. Ancien aide de camp de l’ex-dictateur Moussa Dadis Camara (au pouvoir entre 2008 et 2009), « Toumba » y purgeait une peine de dix ans de prison prononcée en juillet 2024 pour crimes contre l’humanité.
Selon le parquet général de Conakry, l’intervention musclée de mardi – plusieurs prisonniers ont été blessés par balle, selon une bonne source – est intervenue au lendemain d’une vaste opération de fouilles des cellules au cours de laquelle des téléphones portables et des armes blanches ont été saisis.
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