Prédire une éruption volcanique huit heures avant devient possible

Eruption du piton de la Fournaise, photographiée depuis le pas de Bellecombe, à La Réunion, dans la nuit du 18 au 19 janvier 2026. Eruption du piton de la Fournaise, photographiée depuis le pas de Bellecombe, à La Réunion, dans la nuit du 18 au 19 janvier 2026.

L’alerte fut lancée à 17 h 03, le 18 janvier. Ce jour-là, le scientifique d’astreinte à l’Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise (OVPF-IPGP), à La Réunion, reçoit un message d’alerte vocale l’informant que la crise sismique en cours va être suivie d’une éruption, car la station sismique Rivière de l’Est (RER) a détecté un signal « jerk » de forte intensité. Deux heures et quarante-cinq minutes plus tard, à 19 h 48, l’une des webcams placées en bordure de l’Enclos Fouqué envoie des images de la première fontaine de lave. Réjouissant les habitants, friands de ce genre de spectacle. Et apportant une nouvelle satisfaction à François Beauducel, de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), ravi d’être parvenu, pour la 25e fois consécutive, à prédire le phénomène.

Avec quelques collègues de l’IPGP et du Centre de recherche des sciences de la Terre allemand (GFZ Helmholtz), ce géophysicien s’est lancé dans un projet ambitieux : détecter certains signaux précurseurs des éruptions volcaniques. Les résultats de leur recherche, publiés en décembre 2025 dans la revue Nature Communications, permettent, écrivent-ils, d’anticiper des remontées de magma jusqu’à huit heures et demie à l’avance, soit un délai suffisant à la mise en place de mesures de sauvegarde pour les populations.

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