Le Printemps photographique de Pomerol donne la parole aux images

Au cœur du vignoble, ce…

Au cœur du vignoble, ce rendez-vous gratuit s’est imposé au fil des années comme l’un des lieux les plus stimulants pour qui s’intéresse à l’image documentaire et à sa transmission. Et la programmation vient tout juste d’être dévoilée…

John Vink en tête d’affiche

Le cœur battant du festival reste sans conteste celui des projections commentées, organisées à la salle polyvalente. Plus que de simples séances de projection, ces moments sont conçus comme de véritables prises de parole où les photographes, chercheurs ou journalistes viennent remettre leurs images en perspective, en raconter la genèse, les doutes, les impasses.

Temps fort de cette édition, la projection de John Vink, programmée le samedi 28 mars à 20 heures, s’annonce comme l’un des grands rendez-vous du week-end. Ancien membre de l’agence VU’, puis de Magnum, figure majeure du photojournalisme européen, Vink y déploiera un demi-siècle de photographie documentaire, du Sahel au Cambodge, à travers une réflexion sans concession sur le rôle de l’image. Intitulée « On doit tout réexpliquer, tout le temps, avec la photographie », cette projection s’inscrit pleinement dans l’ADN du festival : celui d’une photographie de patience, d’observation et de transmission.

Autoportrait à Madras en Inde le 17 novembre 1987.

Autoportrait à Madras en Inde le 17 novembre 1987.

©John Vink

Autre moment clé, la projection consacrée aux trente ans du laboratoire parisien La Chambre noire, le vendredi 27 mars à 20 h 30, toujours à la salle polyvalente. Guillaume Geneste, accompagné de sa fille Chloé et de son associé Guillaume Fleureau, y retracera l’histoire d’un lieu emblématique du tirage photographique, à travers collaborations, mutations techniques et fidélités artistiques. Un rare éclairage sur ce métier de l’ombre qui conditionne pourtant la matérialité des images.

Une plongée dans le Paris occupé

Le festival accorde également une place centrale au récit et à l’enquête. Le samedi 28 mars à 15 heures, à la Maison des associations de Pomerol, le journaliste Philippe Broussard, lauréat du prix Albert-Londres et directeur adjoint du journal « Le Monde », proposera une projection commentée autour de son travail sur « Le Photographe inconnu de l’Occupation ». À partir d’un album anonyme documentant le Paris occupé, il reconstitue une histoire vertigineuse, entre archives, intuition et zones d’ombre, où la photographie devient un acte silencieux de résistance.

Dans « Le Photographe Inconnu de l’Occupation » : les Allemands défilent place de l’Etoile, musique en tête et au pas de l’oie le 28 août 1940.

Dans « Le Photographe Inconnu de l’Occupation » : les Allemands défilent place de l’Etoile, musique en tête et au pas de l’oie le 28 août 1940.

© Collection privée Stéphane Jae

Autour de ces projections, le Printemps Photo déploie un parcours d’expositions réparties dans plusieurs lieux emblématiques de la commune. Impossible d’en dresser un panorama exhaustif, mais certains rendez-vous s’imposent. Au château Certan de May, l’exposition « Walker Evans, l’œil américain » réunit 25 tirages originaux issus de la collection de Gilles Mora, visibles du 26 mars au 31 mai. Dans le vignoble de Pomerol, une exposition en plein air confronte, du 27 mars au 1er juillet, les portraits de Nadar aux images documentaires de la Farm Security Administration, traçant un dialogue inédit entre deux âges de la photographie.

Sarah Bernhardt dans son intérieur, par Paul Nadar.

Sarah Bernhardt dans son intérieur, par Paul Nadar.

Ministère de la Culture, MPP / Paul Nadar

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