Trompeur et dangereux, ce champignon en forme d'œuf, doit vous alerter si…

Ne tentez pas de faire une omelette avec ce champignon, vous risqueriez d’être déçus. L’oronge ou amanite des césars, qui tient son nom de l’Antiquité et du succès qu’elle rencontrait auprès des empereurs de Rome, s’est récemment implanté dans le Limousin. Un phénomène étonnant pour ce champignon originaire de la Méditerranée.

Un véritable délice culinaire

Dans un entretien accordé à France 3 Régions, Christian Joyeux, membre de la Société mycologique du Limousin, attribue en partie ce changement au réchauffement climatique : « L’oronge est thermophile, elle a donc besoin d’une température élevée pour vivre. Et la hausse des températures en Limousin explique qu’on puisse la voir de plus en plus chez nous ».

Appartenant à la famille des amanitaceae, l’amanite des césars est une variété de champignon très réputée dans le monde culinaire. « C’est un excellent comestible, qui peut se manger cuit ou cru, elle est belle et elle est d’une relative rareté », indique Christian Joyeux. Les plus chanceux pourront la retrouver en été et au début de l’automne, sous les chênes, les châtaigniers et dans les clairières. Pour la cuisiner, rien de plus simple, tout se mange ! Le site des Chasseurs de champignons recommande toutefois de bien nettoyer le champignon, dont le goût est subtil et rappelle celui de la noisette.

Comment le reconnaître ?

L’arrivée de l’amanite des césars dans le Limousin est donc une véritable aubaine pour les amateurs de cueillette. Contrairement à d’autres champignons, elle est facilement reconnaissable par son chapeau au revêtement luisant orange vif et rouge, ses lames, son pied et son anneau jaunes, ainsi que sa sporée et sa volve blanches. Mais avant de terminer sa poussée et d’arriver à cet état identifiable, l’oronge prend la forme d’un « œuf », enveloppé par une épaisse couche blanche.

Dans cette configuration, les amateurs de champignons doivent patienter avant de procéder à la cueillette, au risque qu’ils soient toxiques. « À ce stade, l’amanite des césars peut se confondre avec l’amanite phalloïde qui est mortelle. C’est d’autant plus dangereux que les deux espèces cohabitent souvent et qu’un ‘œuf’ non ouvert peut cacher l’un ou l’autre de ces deux champignons », avertit Christian Joyeux à France 3 Régions. Il faut donc attendre que l’œuf s’ouvre et que le chapeau orange apparaisse pour pouvoir cueillir l’oronge.

Des confusions qui peuvent vous coûter cher

Ce point n’est toutefois pas le seul à prendre en considération. Le site internet de la Société Mycologique du Limousin nous alerte effectivement sur les amanites présentant des reflets rosés. D’après lui, la couleur rose pourrait signifier que l’oronge a été parasitée par un champignon toxique, le mycogone rosea. Autre point, non sans importance, l’amanite des césars peut être facilement confondue avec sa cousine l’amanite tue-mouches, qui n’est pas mortelle mais qui demeure toxique et hallucinogène.

Pour les différencier, Christian Joyeux conseille de se référer à la couleur des lames, des pieds ou des anneaux qui seront jaunes pour l’amanite des césars et blanches voire jaunâtres pour l’amanite phalloïde. « On peut également se fier à la volve qui sera plus large et plus membraneuse chez l’amanite des césars », ajoute-t-il. Afin de vous aider lors de vos prochaines cueillettes, vous pourrez retrouver une fiche explicative et détaillée de chaque champignon comestible sur le site internet de la Société Mycologique du Limousin.

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