Réunion « groupe loup » : + 25 % d’attaques en 2025

La réunion du Groupe National Loup s’est tenue hier sous la direction de Fabienne Buccio, préfète coordinatrice nationale. Le but étant d’échanger sur les évolutions qu’offre l’adaptation du changement du statut de conservation du loup récemment modifié.

Soyons honnêtes, ceux qui attendaient un véritable changement de cap vont être déçus, très déçus. Certains vont très certainement regretter. Des mesurettes, certes pour certaines indispensables. Mais toujours pas de réelle volonté de s’attaquer au problème. Et pourtant Emmanuel Macron l’avait annoncé en juillet dernier. « On ne va pas laisser le loup se développer et qu’il aille dans les massifs où il est compétition avec des activités qui sont les nôtres. Et donc ça veut dire qu’il faut, comme on dit pudiquement, le prélever davantage ».

Pour l’Etat les 25% d’attaques en plus ne doivent pas remettre en question l’état de conservation du loup : il faut COHABITER

Le communiqué de la préfecture ne s’en cache pas. « L’objectif est clair : améliorer la coexistence entre le loup, dont le bon état de conservation doit toujours être garanti et les activités d’élevage qui font face à une prédation lupine importante et croissante en France ».

Concrètement, le futur dispositif national, prévu pour 2026, conserve les axes traditionnels de protection des troupeaux. Effarouchement, gardiennage, aides publiques. Mais introduit une simplification de l’accès aux tirs de défense. Les autorisations dérogatoires seront remplacées par un système déclaratif dans les zones exposées. Les règles seront homogénéisées pour l’ensemble des filières (ovins-caprins, bovins, équins).

Mais attention, eu égard aux obligations qui perdurent en matière de conservation de l’espèce, le futur dispositif reposera toujours sur :

  • un plafond de destructions national établi à partir de l’estimation annuelle de la population de loups produite selon la méthode adoptée en 2024 ;
  • un protocole de tirs orienté en priorité en faveur de la défense des troupeaux domestiques ;

Cette évolution réglementaire s’inscrit dans un contexte de hausse marquée des attaques (+25 % en 2025), notamment dans les zones d’expansion du loup.

Quelques ajustement pratiques

Les débats ont donc porté sur des ajustements pratiques :

  • anticipation de l’arrivée du prédateur dans de nouveaux territoires,
  • expérimentation de clôtures adaptées à des spécificités territoriales
  • révision de l’indemnisation des pertes indirectes (baisses de production, avortements, etc.)
  • opérations ciblées de prélèvements lorsque la prédation explose localement.

Un point de vigilance est apparu. A la date de la réunion, 146 loups ont déjà été détruits sur un plafond de 192 pour 2025. La préfète coordinatrice a rappelé que ce seuil pourrait être ajusté (+2 %) si nécessaire, ce qui traduit la volonté de l’État d’éviter un blocage réglementaire face à la pression subie par les éleveurs.

En résumé, si le changement européen ouvrait la voie à une rupture, la France choisit plutôt une évolution pragmatique et graduelle. Renforcer les outils de défense des éleveurs, sans abandonner le principe de conservation de l’espèce. En naviguant entre deux eaux, nul doute que cette nouvelle orientation ne sera pas saluée ni par les défenseurs de la biodiversité, et encore moins par le monde de l’élevage.

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