La DID de la DGA devient le plus gros service IE en France

Depuis le 1er mars, la DGA est officiellement la première entité étatique à professionnaliser l’intelligence économique à grande échelle à travers la direction de l’industrie de défense (DID). Veille stratégique, sécurité économique et influence structurent les quatre services portant la politique ministérielle relative aux PME de la nouvelle direction.

Organigramme de la DID direction industrie de défense de la DGA

 

La direction de l’industrie de défense, nouveau pilier de la politique de défense relative aux PME

Parmi toutes les évolutions découlant du plan de transformation DGA impulsion, une nouvelle direction est entièrement créée au sein de la direction générale de l’armement (DGA) : la direction de l’industrie de défense (DID). Les trois services de la DID proposent et conduisent la politique ministérielle relative aux petites et moyennes entreprises (PME). Le service des orientations industrielles s’assure de la capacité de la BITD à pouvoir répondre aux besoins en matière d’armement, il constitue ainsi le cœur de réacteur de la DID. Au plus près des unités de production des ETI et des PME de la BITD, le maillage du service de performance et qualité industrielle surveille le cadencement, la performance et la qualité de la production des commandes du ministère des Armées. Le service de sécurité économique vient compléter la DID, avec deux sous-directions incarnant respectivement les volets défensif et offensif de l’intelligence économique : la sous-direction protection et résilience des entreprises, et la sous-direction intelligence économique.

Pour la première fois, l’IE est professionnalisée à la direction générale de l’armement (DGA) au sein des deux sous-directions du service de la sécurité économique (SSE). Le SSE élabore la stratégie d’intelligence économique pour la DGA, dont la mise en œuvre est assurée par sa sous-direction intelligence économique (SdIE). En parallèle, le SSE recueille et analyse les informations utiles sur l’évolution des entreprises et du tissu économique du secteur de la défense, et tout particulièrement de ses PME et ETI. Il peut compter pour cela sur le SdIE qui élabore et coordonne la stratégie de veille du ministère de la défense. La sous-direction intelligence économique intervient également en soutien de la sous-direction protection et résilience des entreprises du SSE. Grâce à la veille mise en place, à l’OSINT et à l’influence, la SdIE vient épauler la bonne protection des entreprises dans les domaines juridiques, numériques ou économiques.

La sous-direction intelligence économique, première entité étatique ouvertement offensive

Afin de mener à bien ses missions, la SdIE s’appuie sur les quatre entités complémentaires qui la composent. Opérationnel à l’été prochain, le Campus OSINT a pour vocation de devenir le centre de référence ministériel sur les outils d’OSINT et veille. En plus de repérer les solutions de renseignement en source ouverte, de les certifier pour une utilisation ministérielle, et de former les personnels à leur utilisation ainsi qu’aux méthodes d’OSINT, ce campus tend à fédérer un véritable écosystème des acteurs du public autour de l’OSINT et de la veille stratégique. La montée en compétences techniques permettra notamment d’alimenter l’organisation DGA Information Stratégique, également sous l’autorité de la sous-direction de l’intelligence économique. Remplaçant DGA ITE (intelligence technique et économique) d’Angoulême, cette entité doit capter et produire l’information stratégique grâce à de la veille stratégique sur commande couplée au pôle « trois alpha » : analyse, action, anticipation, qui regroupe une cinquantaine de personnes orientés sur l’offensif.

Sur la base du travail fourni par ses entités sœurs du SdIE, les bureaux stratégie économique et stratégie influence seront la pointe de diamant de l’intelligence économique offensive, cruellement absente jusqu’à aujourd’hui. En plus d’un soutien aux entreprises de la BITD à travers des actions de sécurité économique et d’influence, la sous-direction intelligence économique permettra de promouvoir à l’étranger les intérêts français dans le secteur de l’armement. En ce sens, la direction de l’industrie de défense s’aligne sur la démarche d’aide à l’export de la direction internationale de coopération à l’export (DICE), mais en restant au plus près des entreprises. Par exemple, la DID peut contribuer à l’effort en fournissant des analyses prospectives sur les BITD étrangères, ou sur les zones d’intérêts d’exportation. La DID pourrait également accompagner les entreprises de l’industrie de défense à mettre en œuvre diverses techniques pour s’adjoindre les capacités critiques de sociétés étrangères, au préalables repérées comme stratégiques. Il s’agit d’employer les mêmes moyens utilisés par les concurrents étrangers, d’utiliser l’intelligence économique comme outil stratégique pour gagner des parts de marché en saisissant les opportunités.

Professionnaliser l’intelligence économique, l’outil manquant demandé dans DGA impulsion

Regroupant environ 65 employés, la sous-direction intelligence économique est la plus volumineuse de la direction d’industrie de défense, issue de la fusion du service des affaires industrielles et de l’intelligence économique (S2IE) avec le service qualité (SQ). Si le terme IE apparaissait dans l’appellation du S2IE, le service était uniquement estampillé affaires industrielles. C’est bien la première fois que l’intelligence économique est réellement professionnalisée dans un service dédié. La distinction est importante puisqu’elle permet s’assurer une continuité des projets élaborés dans cette spécialité, là où un changement de poste avant pouvait signifier la fin d’un projet considéré comme annexe. En ce sens, la DGA affirme une volonté de recruter des « profils typés intelligence économique », conscients de la guerre économique qui se joue dans le domaine de l’armement.

« Toute personne est un capteur, tout le monde n’a pas l’état d’esprit et la culture du renseignement permettant de maitriser d’un bout à l’autre le cycle de l’intelligence économique » – Camille Lanet, service sécurité économique de la DID

L’information est un vrai métier, qui requiert dans ce cadre la capacité d’analyser les informations identifiées comme stratégiques, et de jouer sur des leviers d’actions pour influencer des acteurs économiques dans les intérêts de l’industrie de défense française. Le directeur de l’industrie de défense Alexandre Lahousse présentera la nouvelle vision de l’IE au sein de la DGA le lundi 8 avril 2024, lors du colloque sur « l’intelligence économique dans un monde toujours plus conflictuel ».

 

Agathe Bodelot pour le Portail de l’IE

 

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