Politique énergétique : Pourquoi Sébastien Lecornu doit revoir sa copie

Libre opinion,
Robert Lafont, fondateur d’Entreprendre

Qui dirige notre politique énergétique ? Vous vous rendez compte : alors que nous disposons aujourd’hui d’une capacité d’électricité largement excédentaire — 165 gigawatts — alors que notre consommation domestique atteint au maximum 90 gigawatts et qu’elle n’est pas près d’augmenter dans les années qui viennent selon RTE, nous sommes même devenus le premier exportateur mondial d’électricité décarbonée.

Malgré cette surcapacité structurelle, nos dirigeants, poussés par une atmosphère et un lobbying puissants venant tant de Bruxelles que des mouvements « escrologistes » (le terme est de l’excellent Franz-Olivier Giesbert), demandent pour beaucoup — c’est ubuesque — de poursuivre vers davantage d’énergies renouvelables.

Or, c’est proprement ruineux pour notre pays et cela va complètement à contre-courant de notre avantage technologique nucléaire. Un parc nucléaire qui n’est pas utilisé à plein, à seulement 60 % de son potentiel, comme le dénonce à juste titre l’ancienne présidente d’Orano, la réaliste Anne Lauvergeon.

“La facture du financement public des renouvelables, qui dépasse déjà les 180 milliards d’euros, pourrait très vite atteindre les 340 milliards d’euros. Une somme colossale, payée par les Français, qui vient subventionner des équipements dont nous n’avons pas besoin et qui, en plus, sont fabriqués en grande majorité en Chine”

Tout cela afin de faciliter artificiellement la diffusion rapide de l’éolien ou du solaire dans notre pays, pour des raisons factices ou idéologiques. Sauf que la facture du financement public des renouvelables, qui dépasse déjà les 180 milliards d’euros, pourrait très vite atteindre les 340 milliards d’euros. Une somme colossale, payée par les Français, qui vient subventionner des équipements dont nous n’avons pas besoin et qui, en plus, sont fabriqués en grande majorité en Chine. Arrêtons le massacre.

Si Sébastien Lecornu est un homme d’État, il doit s’émanciper de cette dérive progressiste et européiste et réécrire d’urgence le décret sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) que son prédécesseur, François Bayrou, n’avait pas osé signer malgré les incartades de Bruxelles ou les pressions de Madame Pannier-Runacher.

C’est aussi ce que lui demandent actuellement de nombreux élus, à commencer par Bruno Retailleau ou Jordan Bardella. Sans parler de l’action salutaire menée sur le terrain par le mouvement des « Gueux » de l’écrivain Alexandre Jardin. Celui-ci pointe les surcoûts d’électricité pour les consommateurs et les industriels, alors que nous disposons d’un avantage concurrentiel évident avec le nucléaire, et même l’hydraulique.

Alexandre Jardin a beau être un littéraire, c’est lui qui semble le plus proche des réalités économiques. L’histoire a horreur du vide.

Notre pays doit vite retrouver son bon sens. Avec la nouvelle PPE3, la balle est dans le camp du Premier ministre, quitte à se fâcher avec celui qui l’a fait roi. C’est l’intérêt du pays.

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